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Actualité juridique · Publié le

Après le procès pénal : la réforme des audiences sur les intérêts civils à préparer pour 2027

La décision sur la culpabilité et la peine peut être rendue avant celle sur l’indemnisation de la victime. La loi du 23 juillet 2026 modifie le cadre des audiences consacrées ultérieurement à cette indemnisation. Son calendrier doit être distingué des nouveaux délais de nullité déjà applicables depuis le 23 octobre 2026.

Sommaire de l’article
  1. Pourquoi une audience peut-elle être consacrée à l’indemnisation ?
  2. Des règles civiles précisément désignées
  3. Un renvoi expressément prévu après une CRPC
  4. Préparer le dossier d’indemnisation
  5. Un calendrier différé, au plus tard le 1er janvier 2027
  6. Deux autres évolutions à distinguer
  7. Pour comprendre les termes employés
  8. Sources officielles

01

Pourquoi une audience peut-elle être consacrée à l’indemnisation ?

L’action publique concerne la réponse pénale à l’infraction ; l’action civile porte sur la réparation du dommage. Une audience peut être renvoyée sur les seuls intérêts civils lorsque le dossier doit encore être complété, par exemple pour justifier ou évaluer les préjudices invoqués.

Une condamnation pénale ne dispense donc pas de présenter et d’étayer les demandes d’indemnisation. À l’inverse, un renvoi de l’examen de ces demandes ne signifie pas, à lui seul, que la décision pénale est remise en discussion.

02

Des règles civiles précisément désignées

L’article 7 de la loi n° 2026-651 prévoit que, lorsque l’action publique a été jugée et que l’action civile est renvoyée à une audience ultérieure, cette audience obéira à certaines dispositions du code de procédure civile. Le texte vise les articles 381, 382, 442, 444, 445, 446-1 à 446-4, 455 et 828 à 831, dans leur rédaction au jour de la promulgation.

Ce renvoi porte notamment sur le déroulement des débats, la procédure orale, l’organisation des échanges et la décision. Il ne signifie ni que l’intégralité du code de procédure civile s’appliquera sans distinction, ni que l’affaire sera automatiquement transférée à une autre juridiction. Les modalités d’application doivent être précisées par décret en Conseil d’État.

La loi coordonne ce régime avec les audiences après les assises, devant le tribunal correctionnel ou le tribunal de police, ainsi qu’avec certaines procédures concernant les mineurs.

03

Un renvoi expressément prévu après une CRPC

La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ou CRPC, est également concernée. La nouvelle rédaction prévue pour l’article 495-13 permettra, après la décision sur l’action publique, de renvoyer l’action civile afin que la victime produise les justificatifs de ses demandes, même sans ordonner de mesure d’instruction.

Ce renvoi sera de droit si la partie civile le demande. La date sera fixée pour une audience du tribunal correctionnel. Cette possibilité doit être distinguée de la décision d’homologation qui concerne la réponse pénale.

04

Préparer le dossier d’indemnisation

Pour la victime comme pour la personne appelée à répondre de la demande, la préparation doit porter sur les postes de préjudice, les montants réclamés et les justificatifs. Un classement chronologique des pièces et une présentation claire des demandes facilitent leur discussion.

Il faut aussi identifier le cadre applicable à l’audience, les instructions de la juridiction et les modalités de communication entre les parties. La réforme ne crée pas, à elle seule, un délai uniforme de trois jours pour toutes les demandes civiles : ce délai ne doit pas être confondu avec celui qui concerne certaines exceptions de nullité pénale.

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Un calendrier différé, au plus tard le 1er janvier 2027

L’article 12, IV prévoit l’entrée en vigueur de l’article 7 à une date fixée par décret, au plus tard le 1er janvier 2027. Au 26 octobre 2026, la version de l’article 10 du code de procédure pénale consultée sur Légifrance conserve la rédaction antérieure. La date et les modalités réglementaires doivent donc être vérifiées pour chaque audience concernée.

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Deux autres évolutions à distinguer

Le même article 7 prévoit que le procureur de la République antiterroriste exercera le ministère public devant la juridiction compétente pour l’indemnisation des victimes d’actes de terrorisme. Cette disposition suit le calendrier différé de l’article 7 ; elle ne modifie pas, à elle seule, les conditions permettant d’obtenir une indemnisation.

Par ailleurs, à compter du 1er janvier 2027, l’article 380-17 du code de procédure pénale intégrera les avocats honoraires exerçant des fonctions juridictionnelles parmi les assesseurs possibles des cours criminelles départementales. La loi organique n° 2026-650 encadre leur nomination, leur formation et leur indépendance. Ils y siègent comme juges, sans y représenter une partie.

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Pour comprendre les termes employés

Retrouvez les définitions utiles dans le dictionnaire du cabinet :

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Sources officielles