Fiche de lecture
Mandat d’arrêt européen
De quoi il s’agit
Le mandat d’arrêt européen est une décision judiciaire d’un État membre, émise pour des poursuites ou pour l’exécution d’une peine, afin que la personne soit arrêtée et remise par un autre État membre. Le code de procédure pénale en fixe le régime aux articles 695-11 et suivants. Les seuils de principe sont une peine encourue d’au moins un an, ou une peine prononcée d’au moins quatre mois.
Ce que ce n’est pas
Ce n’est pas une extradition diplomatique. Le Gouvernement français ne statue pas par décret. Ce n’est pas non plus une notice Interpol : le mandat est le titre, la notice n’en est qu’un mode de diffusion.
Qui décide
L’autorité judiciaire d’émission délivre le mandat. En France, le procureur général territorialement compétent et la chambre de l’instruction de la cour d’appel conduisent l’exécution. La personne a droit à un avocat et, s’il le faut, à un interprète.
- Calendrier : comparution dans les cinq jours ouvrables ; décision dans les sept jours si la personne consent, sans recours ; dans les vingt jours si elle ne consent pas. Pourvoi dans les trois jours francs, mémoire dans les cinq jours de la réception du dossier, arrêt de la Cour de cassation dans les quarante jours. Si elle confirme, la remise a lieu dans les dix jours de la décision définitive.
- Le cadre européen demande en principe une décision définitive dans les soixante jours de l’arrestation, prolongeables de trente.
- En l’absence de renonciation ou d’une autre exception à la spécialité, l’État d’émission doit demander le consentement pour d’autres faits antérieurs. La chambre statue dans les trente jours. Une remise ultérieure à un autre État membre doit faire l’objet d’un examen distinct.
- Si les faits sont qualifiés de terroristes, la cour d’appel de Paris a une compétence concurrente, même lorsque l’arrestation a eu lieu ailleurs.
- La chambre ne rejuge pas la culpabilité. Elle contrôle les conditions de la remise.
Premiers réflexes
- 01Lire le mandat : identité, faits, date, qualification, peine encourue ou prononcée, autorité d’émission.
- 02Ne pas traiter un consentement à la remise comme une formalité. Il est irrévocable, et il ne vaut pas renonciation à la spécialité.
- 03À l’audience, les deux questions sont séparées : consentir à la remise, puis, seulement si ce consentement est maintenu, renoncer à la spécialité.
- 04Lister tout de suite les griefs possibles : chose jugée, prescription, faits commis en France, peine déjà exécutée, conditions de détention.
- 05Vérifier si la personne est déjà poursuivie ou détenue en France pour d’autres faits : la remise peut être différée ou temporaire.
Arrêts liés à cette fiche
La chambre contrôle la remise. Elle ne rejuge pas la culpabilité.






