Aller au contenu principal
Quai au bord de l’eau, architectures de verre et de pierre, quartier européen.

Page dédiée · Europe et international

Extradition, mandat d’arrêt, Interpol et SIS

Une notice rouge, un signalement Schengen et un mandat d’arrêt européen ne produisent pas les mêmes effets. Maître Dilbadi Gasimov situe l’instrument, l’autorité qui décide et les pièces à réunir — dans toute la France, y compris pour les personnes à l’étranger.

Consultation aussi en russe, sur rendez-vous.

Le cabinet intervient dans toute la France et reçoit à Strasbourg, 67 rue Boecklin. Illustration d’un environnement institutionnel européen ; aucune juridiction précise n’est représentée.

01

Instrument

Avant le récit des faits.

02

Autorité

Juge, gouvernement ou commission.

03

Délai écrit

Celui de l’acte notifié.

04

Fichier distinct

Interpol n’est pas le SIS.

01 · Par où commencer

Choisir le document reçu, pas le mot qui inquiète.

La fiche se construit dans votre navigateur. Aucun choix n’est envoyé au cabinet, ni conservé sur un serveur. Elle ne qualifie pas le dossier et ne suspend aucun délai.

Situation ou document
Où se trouve la personne
Nationalité, si elle est connue

Fiche de lecture

Mandat d’arrêt européen

De quoi il s’agit

Le mandat d’arrêt européen est une décision judiciaire d’un État membre, émise pour des poursuites ou pour l’exécution d’une peine, afin que la personne soit arrêtée et remise par un autre État membre. Le code de procédure pénale en fixe le régime aux articles 695-11 et suivants. Les seuils de principe sont une peine encourue d’au moins un an, ou une peine prononcée d’au moins quatre mois.

Ce que ce n’est pas

Ce n’est pas une extradition diplomatique. Le Gouvernement français ne statue pas par décret. Ce n’est pas non plus une notice Interpol : le mandat est le titre, la notice n’en est qu’un mode de diffusion.

Qui décide

L’autorité judiciaire d’émission délivre le mandat. En France, le procureur général territorialement compétent et la chambre de l’instruction de la cour d’appel conduisent l’exécution. La personne a droit à un avocat et, s’il le faut, à un interprète.

  • Calendrier : comparution dans les cinq jours ouvrables ; décision dans les sept jours si la personne consent, sans recours ; dans les vingt jours si elle ne consent pas. Pourvoi dans les trois jours francs, mémoire dans les cinq jours de la réception du dossier, arrêt de la Cour de cassation dans les quarante jours. Si elle confirme, la remise a lieu dans les dix jours de la décision définitive.
  • Le cadre européen demande en principe une décision définitive dans les soixante jours de l’arrestation, prolongeables de trente.
  • En l’absence de renonciation ou d’une autre exception à la spécialité, l’État d’émission doit demander le consentement pour d’autres faits antérieurs. La chambre statue dans les trente jours. Une remise ultérieure à un autre État membre doit faire l’objet d’un examen distinct.
  • Si les faits sont qualifiés de terroristes, la cour d’appel de Paris a une compétence concurrente, même lorsque l’arrestation a eu lieu ailleurs.
  • La chambre ne rejuge pas la culpabilité. Elle contrôle les conditions de la remise.

Premiers réflexes

  1. 01Lire le mandat : identité, faits, date, qualification, peine encourue ou prononcée, autorité d’émission.
  2. 02Ne pas traiter un consentement à la remise comme une formalité. Il est irrévocable, et il ne vaut pas renonciation à la spécialité.
  3. 03À l’audience, les deux questions sont séparées : consentir à la remise, puis, seulement si ce consentement est maintenu, renoncer à la spécialité.
  4. 04Lister tout de suite les griefs possibles : chose jugée, prescription, faits commis en France, peine déjà exécutée, conditions de détention.
  5. 05Vérifier si la personne est déjà poursuivie ou détenue en France pour d’autres faits : la remise peut être différée ou temporaire.

Arrêts liés à cette fiche

La chambre contrôle la remise. Elle ne rejuge pas la culpabilité.

02 · Comprendre

Quatre instruments que les pièces mélangent souvent.

Le mot employé au téléphone — « Interpol », « Schengen », « mandat international » — ne désigne pas la procédure. On part du document, de l’État et de l’autorité signataire.

Quatre dossiers fermés sur un bureau, dont un liseré citron.
Quatre dossiers, quatre autorités. On part du document reçu, pas du mot employé au téléphone.

01

Mandat d’arrêt européen

Décision judiciaire d’un État membre. Remise par la chambre de l’instruction. Délais de la décision-cadre. Pas de décret.

02

Extradition

Demande d’un État tiers, voie diplomatique, avis de la chambre, décret du Premier ministre. Conventions applicables et articles 696 et suivants du code de procédure pénale.

03

Notice ou diffusion Interpol

Demande de coopération. La notice rouge prépare une arrestation, elle ne la fonde pas à elle seule en droit français.

04

Signalement SIS

Fichier européen à plusieurs finalités. Arrestation, refus d’entrée, retour, disparition, contrôle ou objet : la catégorie change le juge.

Schémas

Le document reçu décide du chemin.

Trois lectures, avant le détail. Un schéma oriente. Il ne décrit pas un dossier et ne remplace pas l’acte notifié.

Quatre papiers, quatre autorités

On part du document reçu, pas du mot.

01

Mandat d’arrêt européen

Chemin de la fiche

  1. 01 · Ce que c’est

    Décision judiciaire d’un État membre, pour des poursuites ou une peine.

  2. 02 · Qui décide

    La chambre de l’instruction statue sur l’exécution.

  3. 03 · Ce qui ne se décide pas ici

    Aucun décret du Premier ministre.

02

Extradition hors Union

  1. 01 · Ce que c’est

    Demande d’un État tiers, en principe par la voie diplomatique.

  2. 02 · Qui décide

    Avis de la chambre, puis décret du Premier ministre.

  3. 03 · Ce qui ne se décide pas ici

    L’avis favorable ne livre pas à lui seul.

03

Notice ou diffusion

  1. 01 · Ce que c’est

    Demande de coopération diffusée par Interpol.

  2. 02 · Qui décide

    Le juge français, pour la liberté. La CCF, pour le fichier.

  3. 03 · Ce qui ne se décide pas ici

    La notice n’est ni un jugement, ni le mandat.

04

Signalement SIS

  1. 01 · Ce que c’est

    Alerte européenne : arrestation, entrée, retour, contrôle ou objet.

  2. 02 · Qui décide

    La catégorie inscrite désigne le juge ou l’administration.

  3. 03 · Ce qui ne se décide pas ici

    Le SIS n’est pas Interpol, ni le titre lui-même.

Schéma de lecture. Il ne qualifie pas le dossier.

Trois inscriptions, trois demandes

01

Notice Interpol

Saisine de la CCF, à Lyon.

02

Signalement SIS

Ministère de l’Intérieur, puis CNIL si besoin.

03

Titre national

Mandat, décret ou décision de préfecture.

Chemin de la fiche

Effacer l’une ne retire pas les deux autres.

Ce que la catégorie du SIS décide

Le mot « Schengen » cache plusieurs finalités. La catégorie inscrite change l’autorité.

  1. ArrestationChambre de l’instruction, avec le mandat.
  2. Refus d’entréeL’acte notifié. Le délai y est souvent bref.
  3. RetourLa décision de retour, pas un mandat.
  4. DisparitionProtection. Pas une extradition.
  5. Contrôle discretDemande d’accès. Pas une audience.
  6. ObjetSaisie de l’objet, pas la remise de la personne.

Le test Aranyosi, en deux temps

Arrêt du 5 avril 2016. Un rapport général sur les prisons ne suffit pas, seul, à refuser la remise.

Des éléments objectifs et à jour montrent-ils des défaillances systémiques ou généralisées, ou touchant certains groupes ou établissements ?

Non

Pas de refus sur ce seul fondement.

Oui

Demander les conditions concrètes de détention.

Un risque réel est-il établi pour cette personne, dans cet établissement ?

Oui

Différer la remise et demander des précisions. Si le risque ne peut être écarté dans un délai raisonnable, examiner s’il faut mettre fin à la procédure.

Non

Ce grief n’arrête pas la remise.

Schéma de lecture. Il ne qualifie pas le dossier.

Où les deux procédures se séparent

Arrestation, information, avocat

  1. Mandat d’arrêt européenChemin de la fiche
  2. 01Le procureur général vérifie l’identité. Le consentement se pose souvent ici.
  3. 02La chambre entend les motifs de refus. Elle ne refait pas le procès.
  4. 03Remise matérielle. Aucun décret.
  1. Extradition
  2. 01Demande diplomatique, puis transmission au procureur général.
  3. 02Avis de la chambre. S’il est défavorable, l’extradition s’arrête.
  4. 03Décret du Premier ministre. Le recours contre ce décret n’est pas le pourvoi.

03 · Interventions

Ce que le cabinet examine, selon l’acte.

L’intervention dépend de l’état du dossier. Les développements qui suivent sont des repères généraux. Ils ne remplacent pas la lecture des pièces.

01 · Remise

Mandat d’arrêt européen

Une décision judiciaire circule d’un État membre à l’autre, sans passer par la voie diplomatique.

L’article 695-11 du code de procédure pénale définit le mandat d’arrêt européen comme la décision par laquelle un État membre demande l’arrestation et la remise d’une personne recherchée pour l’exercice de poursuites ou pour l’exécution d’une peine ou d’une mesure de sûreté.

La chambre de l’instruction vérifie que le mandat est régulier et qu’aucun motif de refus obligatoire ou facultatif n’est réuni. Elle n’examine pas la culpabilité. Le consentement de la personne, lorsqu’il est donné, réduit fortement les délais : il suppose d’avoir compris à quoi l’on renonce.

Si la personne est déjà poursuivie en France, ou doit y exécuter une peine, pour des faits autres que ceux du mandat, l’article 695-39 permet à la chambre, après avoir statué sur l’exécution, de différer la remise ou d’ordonner une remise temporaire encadrée par un accord écrit entre autorités judiciaires.

  • Amnistie, minorité, chose jugée.
  • Prescription, dans les cas prévus par le code.
  • Défaut de double incrimination, hors la liste des infractions qui en sont dispensées lorsque la peine encourue dans l’État d’émission atteint trois ans.
  • Faits commis en tout ou partie en France.
  • Ressortissant français et engagement d’exécuter la peine.
  • Risque réel de traitement contraire à l’article 3 de la Convention, en particulier au regard des conditions de détention — jurisprudence Aranyosi et Căldăraru de la Cour de justice.

02 · État tiers

Extradition de droit commun

La demande vient d’un État qui n’utilise pas le mandat d’arrêt européen. Le juge contrôle, le Gouvernement décide.

L’article 696-8 du code de procédure pénale prévoit qu’une demande d’extradition est adressée au Gouvernement français par la voie diplomatique, avec un jugement, un acte de renvoi ou un mandat, et la copie des textes applicables. Le ministre de la Justice, après vérification, saisit le procureur général.

La chambre de l’instruction rend un avis. Elle contrôle les conditions légales — identité, double incrimination, prescription, nationalité, nature de l’infraction, engagements de l’État requérant. Un avis négatif empêche l’extradition. Un avis positif ne dispense pas du décret du Premier ministre.

Le pourvoi contre l’avis et le recours contre le décret n’ont ni le même juge, ni le même office. Les deux délais se surveillent séparément.

  • Principe de non-extradition des nationaux, sous réserve des conventions.
  • Infraction politique, avec les exceptions des traités modernes.
  • Peine de mort : assurance nécessaire qu’elle ne sera pas mise à exécution.
  • Article 3 de la Convention : risque réel de torture ou de traitement inhumain dans l’État requérant.
  • Principe de spécialité après la remise.

03 · Coopération

Notices et diffusions Interpol

Interpol, dont le secrétariat général est à Lyon, fait circuler une demande. Il ne juge pas.

La notice rouge est la plus connue, parce qu’elle demande une arrestation en vue d’extradition. Les autres couleurs ont d’autres objets : identification, alerte, disparition, danger, mode opératoire, sanctions onusiennes. Une diffusion peut produire des effets proches de ceux d’une notice rouge, avec un formalisme moindre.

En France, l’avocat vérifie d’abord quel acte national justifie une éventuelle privation de liberté. Il vérifie ensuite si la fiche elle-même peut être contestée devant la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol, au regard de la qualité des données ou de l’article 3 du Statut.

Les deux démarches ne se remplacent pas. Une personne détenue ne peut pas attendre l’issue de la CCF pour préparer sa comparution.

  • Relever la couleur, ou la qualité de diffusion.
  • Rattacher la fiche au mandat, au jugement ou à la décision administrative.
  • Signaler un statut de réfugié ou une demande d’asile.
  • Préparer la saisine de la CCF avec des pièces, pas avec un récit seul.

04 · Schengen

Signalements du fichier SIS

Une base européenne, plusieurs finalités. La catégorie inscrite change la juridiction compétente.

Depuis la refonte de 2018, trois règlements organisent le système : coopération policière et judiciaire (2018/1862), frontières (2018/1861), retour (2018/1860). Le bureau SIRENE français est l’interlocuteur technique des autres États. Il n’est pas le juge de la remise.

Un signalement d’arrestation se plaide avec le mandat. Un signalement de retour se rattache à la décision de retour, notamment l’OQTF ; le refus d’entrée et de séjour a son propre fondement, par exemple l’interdiction de retour. Ces décisions administratives et leurs délais de recours doivent être distingués de la demande d’effacement du fichier.

Si le fondement a disparu et que le signalement demeure, la demande d’effacement va au ministère de l’Intérieur, qui a deux mois pour répondre. La CNIL vient ensuite, pas à la place. Un contrôle discret peut exister sans que la personne en ait été avisée.

Le droit d’accès français publié par la CNIL passe par le ministère de l’Intérieur. Le silence ou le refus ouvre une intervention de la CNIL. Cette voie administrative ne suspend pas une audience pénale déjà fixée.

  • Faire qualifier le signalement par écrit.
  • Ne pas envoyer une demande d’accès à Interpol pour un signalement SIS, ni l’inverse.
  • Conserver l’accusé de réception adressé au ministère.
  • Articuler avec le contentieux des étrangers lorsqu’une OQTF ou un refus d’entrée est notifié.

05 · Fichiers

Accès, rectification, effacement

Sortir d’un fichier suppose de s’adresser à celui qui le tient, avec un grief précis.

La Commission de contrôle des fichiers d’Interpol est un organe indépendant. Elle statue sur l’accès aux données, leur rectification et leur suppression. Elle ne prononce pas de relaxe et n’annule pas un mandat délivré par un juge national.

Pour le SIS, la personne demande d’abord au ministère de l’Intérieur si des données la concernent, et peut solliciter leur rectification ou leur effacement. La CNIL intervient si cette demande n’aboutit pas. Les données d’un signalement créé par un autre État dépendent aussi de cet État : la réponse française peut renvoyer vers lui.

Une stratégie utile range les demandes : fichier Interpol, fichier SIS, mandat national, décision préfectorale. Chaque ligne a son destinataire et son délai.

  • Identité complète et copie d’un titre.
  • Références déjà connues, sans inventer un numéro.
  • Décision d’annulation, d’exécution de peine, de non-lieu ou d’asile.
  • Preuve de l’envoi et de la date.

06 · Deux États

Défense d’une personne arrêtée hors de France

La famille rassemble. L’avocat local plaide. Le cabinet relie les deux si un titre français est dans le dossier.

La première question est simple et souvent mal posée : la France demande-t-elle la personne, ou la personne est-elle poursuivie pour des faits locaux ? Dans le premier cas, le mandat français, ses faits et le principe de spécialité se travaillent tout de suite. Dans le second, le rôle du cabinet depuis la France est d’éclairer la famille et de transmettre des pièces, pas de se substituer au conseil de l’État de détention.

Lorsqu’une personne a été remise à la France au titre d’un mandat d’arrêt européen, l’article 695-21 du code de procédure pénale interdit de l’extrader ensuite vers un État tiers sans le consentement de l’État membre qui l’a remise. Le point est fréquent dans les dossiers qui s’enchaînent, et il se vérifie avant tout décret.

  • Lieu de détention, autorité saisie, avocat déjà nommé.
  • Nature du titre exhibé à la famille.
  • Pièces d’état civil et de nationalité.
  • Décisions françaises déjà rendues sur les mêmes faits.

04 · Déroulé

Deux calendriers qui ne se superposent pas.

La décision-cadre prévoit en principe une décision définitive dans les 10 jours du consentement, ou dans les 60 jours de l’arrestation sans consentement, avec une prolongation possible de 30 jours. La remise suit en principe dans les 10 jours de la décision définitive. Les délais français de comparution, de décision et de pourvoi restent distincts : voir le détail ci-dessous.

La chambre de l’instruction siège à la cour d’appel. Elle contrôle les conditions de la remise ou de l’extradition. Elle ne rejuge pas la culpabilité.

  1. Mandat d’arrêt européen
  2. 01Arrestation et informationLa personne est informée du mandat, de son contenu et de son droit d’être assistée. L’heure de privation de liberté est consignée.
  3. 02Procureur généralLe procureur général vérifie l’identité et recueille les déclarations. C’est souvent là que la question du consentement est abordée pour la première fois.
  4. 03Chambre de l’instructionLa personne comparaît avec son avocat. La chambre entend les observations sur les motifs de refus et sur les conditions de détention alléguées. Elle ne refait pas le procès étranger.
  5. 04Décision et pourvoiLa décision sur l’exécution est susceptible d’un pourvoi dans les conditions du code. Le délai de ce pourvoi ne se confond pas avec les délais de la décision-cadre.
  6. 05RemiseLe procureur général organise la remise matérielle avec l’autorité d’émission. Une remise différée ou temporaire reste possible si une procédure française est en cours.
  1. Extradition hors Union
  2. 01Demande diplomatiqueL’État requérant adresse au Gouvernement un jugement, un mandat ou un acte de renvoi, avec les textes applicables.
  3. 02Transmission au parquet généralAprès passage par les ministères des Affaires étrangères et de la Justice, le dossier est adressé au procureur général compétent.
  4. 03Arrestation, y compris provisoireUne arrestation provisoire peut précéder la demande formelle. La détention qui suit est contrôlée. Elle n’est pas la peine étrangère.
  5. 04Avis de la chambre de l’instructionL’avis porte sur les conditions légales. S’il est défavorable, l’extradition n’est pas accordée. S’il est favorable, il ne vaut pas décret.
  6. 05Décret, puis recours séparésLe Premier ministre statue. Le pourvoi contre l’avis et le recours contre le décret se préparent comme deux contentieux.
Salle d’audience vide, pierre claire et table de chêne.

Chambre de l’instruction

Le déroulé, la spécialité, le complément.

La chambre ne rejuge pas les faits. Elle décide de la remise, ou elle donne un avis sur l’extradition. Deux questions ne se confondent pas : consentir à partir, et renoncer à la spécialité.

La comparution a lieu dans une salle d’audience. Le point de départ du délai dépend de l’acte et du recours concerné.

  1. Mandat d’arrêt européen
  2. 01

    Saisine

    La chambre est saisie immédiatement. La personne comparaît dans les cinq jours ouvrables de sa présentation au procureur général.

  3. 02

    Deux questions, dans cet ordre

    Consentir à la remise, après information sur les conséquences. Ce consentement est irrévocable. Seulement s’il est maintenu, la chambre demande si la personne renonce à la spécialité, après une information distincte. Cette renonciation est elle aussi irrévocable. Consentir à la remise ne vaut pas renonciation à la spécialité.

  4. 03

    Si la personne consent

    La chambre statue dans les sept jours de la comparution, sauf complément d’information. Cette décision n’est pas susceptible de recours.

  5. 04

    Si elle ne consent pas

    La chambre statue dans les vingt jours de la comparution, sauf complément. Le procureur général et la personne peuvent se pourvoir en cassation dans les trois jours francs.

  1. Extradition
  2. 01

    Saisine

    Si la personne déclare au procureur général qu’elle ne consent pas, la chambre est saisie sans délai. Elle comparaît dans les dix jours ouvrables de cette présentation.

  3. 02

    Avis

    Avis motivé dans le mois de la comparution, sauf complément d’information. L’avis est défavorable si les conditions légales ne sont pas remplies, ou s’il y a une erreur évidente.

  4. 03

    Effet de l’avis

    Un avis défavorable arrête l’extradition. Un avis favorable ne remet personne : le décret du Premier ministre est un acte distinct, contesté devant le Conseil d’État.

  5. 04

    Pourvoi

    Il est étroit. Seulement des vices de forme qui privent l’avis des conditions essentielles de son existence légale.

Le complément d’information

Mandat d’arrêt européen

Si les informations du mandat ne permettent pas de statuer sur la remise, la chambre demande à l’autorité judiciaire de l’État d’émission les informations complémentaires, à recevoir dans un délai maximum de dix jours. Les délais de sept et de vingt jours ne courent pas de la même façon tant que ce complément est ordonné. Ce n’est pas une enquête générale. Un motif facultatif, notamment l’exécution de la peine en France, se soulève par mémoire. Quand le mandat est trop vague pour vérifier un motif obligatoire, par exemple une décision définitive pour les mêmes faits, le complément s’impose.

Extradition

Le complément écarte le délai d’un mois. Il se demande quand une pièce manque pour vérifier une condition légale : traduction, texte étranger, prescription, assurance sur la peine de mort, conditions concrètes de détention. Il ne sert pas à gagner du temps pour lui-même.

La spécialité, avant et après

01

À l’audience

La question est posée à part, et seulement si le consentement à la remise est maintenu. Le refus de renoncer se fait consigner. Il se prépare avant l’audience, pas dans la salle.

02

Après une remise à la France

La personne ne peut être poursuivie, condamnée ou détenue pour un fait antérieur autre que celui qui a motivé la remise, sauf cinq cas : renonciation au moment du consentement, renonciation après la remise, consentement de l’État qui a remis, maintien sur le territoire plus de quarante-cinq jours après la libération définitive alors que la personne pouvait partir, ou retour volontaire, infraction non punie d’une peine privative de liberté.

03

Si la France a remis la personne

Pour poursuivre ou exécuter une peine pour d’autres faits antérieurs, le consentement de l’autorité française est en principe nécessaire, sauf renonciation ou autre exception à la spécialité. Une remise ultérieure à un autre État membre relève de règles distinctes : les exceptions et le consentement requis doivent être vérifiés séparément. La chambre devant laquelle la personne a comparu en est saisie. Un procès-verbal de ses déclarations est joint. Un avocat peut les compléter. La chambre statue dans les trente jours de la réception de la demande. Cette décision peut être frappée de pourvoi. Si la personne a renoncé à la spécialité, ce retour n’est pas nécessaire pour les faits antérieurs couverts par la renonciation.

04

Extradition

L’extradition n’est accordée qu’à la condition que la personne ne sera ni poursuivie ni condamnée pour une infraction antérieure autre que celle qui l’a motivée, sous les exceptions prévues pour cette procédure. Ce n’est pas le mécanisme du mandat d’arrêt européen. Après la remise, si l’État requérant veut poursuivre une infraction antérieure, il demande une autorisation. L’avis est celui de la chambre devant laquelle la personne avait comparu. Il peut être rendu sur pièces.

Le pourvoi, puis la remise

01

Qui peut se pourvoir, et quand

Si la personne a consenti à la remise, la décision de la chambre n’est pas susceptible de recours. Si elle n’a pas consenti, le procureur général et la personne peuvent se pourvoir dans les trois jours francs du prononcé. La déclaration se fait au greffe. Le dossier est transmis à la chambre criminelle dans les quarante-huit heures. Le mémoire, qui contient les moyens, doit être déposé dans les cinq jours de la réception du dossier à la Cour de cassation, à peine de déchéance.

02

Pendant le pourvoi

La Cour de cassation statue dans les quarante jours du pourvoi. Tant qu’elle n’a pas statué, la décision de la chambre n’est pas définitive. Le délai de remise ne court pas.

03

Si la Cour de cassation confirme

La décision de remise devient définitive. Le procureur général fait remettre la personne à l’autorité judiciaire de l’État d’émission au plus tard dans les dix jours. Si une force majeure l’empêche, une nouvelle date est convenue, et la remise a lieu dans les dix jours de cette date. Passé ces délais, la personne encore détenue est remise en liberté, sauf si la remise est différée parce qu’elle est poursuivie en France, ou qu’elle y a une peine à exécuter, pour un autre fait. Un sursis humanitaire, notamment pour l’âge ou la santé, est possible : une nouvelle date est alors fixée, avec le même délai de dix jours.

04

Si la Cour de cassation casse

La remise ne s’exécute pas sur l’arrêt annulé. L’affaire est renvoyée, en principe devant la même chambre autrement composée.

Terrorisme et cour d’appel de Paris

Lorsque les faits visés par le mandat d’arrêt européen sont qualifiés de terroristes, la cour d’appel de Paris a une compétence concurrente pour en connaître, même si l’arrestation a eu lieu ailleurs (article 695-28-1). La chambre du lieu d’arrestation peut aussi être saisie. Ce n’est pas, dans le texte, un monopole. Pour la poursuite, l’instruction et le jugement d’actes de terrorisme commis en lien avec la France, le procureur de la République antiterroriste et les juridictions de Paris ont une compétence nationale concurrente (articles 706-16 et 706-17).

Le cadre européen demande en principe une décision définitive dans les soixante jours de l’arrestation, prolongeables de trente. Articles 695-28-1, 695-29, 695-31, 695-33, 695-37, 695-46 et 568-1 du code de procédure pénale pour le mandat d’arrêt européen ; articles 696-15, 696-6 et 696-35 pour l’extradition ; articles 706-16 et 706-17 pour la poursuite terroriste. Un complément ou une immunité peut modifier les délais applicables. Une demande de mise en liberté a ses propres délais et ne suspend pas, à elle seule, le délai du pourvoi. Le point de départ se vérifie dans les actes et les textes.

05 · Notices

La couleur ne dit pas la juridiction.

Sélectionnez la mention lue sur la pièce. Le mot « Interpol » sans couleur ni référence ne suffit pas à choisir la voie.

Notice rouge

Localiser une personne recherchée pour des poursuites ou pour l’exécution d’une peine, et demander son arrestation provisoire en vue d’une extradition ou d’une remise.

Limite

Elle ne condamne pas et ne tient pas lieu, en France, de mandat d’arrêt européen ni de demande d’extradition.

Suite utile

Identifier le titre national. Préparer, s’il y a lieu, une demande devant la CCF sans confondre les deux procédures.

06 · Fichier SIS

Qualifier le signalement avant de choisir le recours.

Hall de contrôle aux frontières, couloirs vides et lumière froide.
Un refus d’embarquement ou un contrôle peut révéler un signalement SIS. La catégorie inscrite — arrestation, entrée, retour ou contrôle — décide de la voie.
Passeport fermé et dossier clair sur un comptoir de pierre.
L’OQTF, l’interdiction de retour et le signalement sont trois actes. Le dossier ne les confond pas.

Arrestation pour remise ou extradition

Signalement créé pour retrouver une personne et permettre son arrestation. Il accompagne en principe un mandat d’arrêt européen ou une demande d’extradition. Règlement (UE) 2018/1862.

Limite

Le signalement fait circuler la recherche. Le titre, et les motifs de refus, sont ceux du mandat ou de l’extradition.

Suite utile

Lire le mandat. Saisir la chambre de l’instruction du fond, et seulement ensuite le fichier.

07 · Pièces

Préparer sans tout envoyer.

La liste suit la situation choisie plus haut. Les cases restent dans ce navigateur. Rien n’est transmis.

0%

des pièces de la fiche cochées

08 · Vigilance

Réflexes à conserver avant toute démarche.

  • 01

    Ne jamais calculer un délai de mémoire. Le point de départ dépend du recours : arrestation, comparution, prononcé ou notification. Pour le pourvoi contre une décision de remise au titre d’un mandat d’arrêt européen, le délai court en principe du prononcé ; faire vérifier immédiatement l’acte et le texte applicable.

  • 02

    Une notice Interpol, un signalement SIS et un mandat national sont trois objets. En effacer un ne dispense pas de répondre aux deux autres.

  • 03

    Le consentement à une remise européenne confirmé devant la chambre de l’instruction est irrévocable. Il ne se donne pas pour « accélérer la sortie » sans mesurer les faits couverts.

  • 04

    La chambre de l’instruction ne juge pas l’innocence. Les pièces sur la culpabilité ne remplacent pas les griefs de refus.

  • 05

    L’article 3 de la Convention peut faire obstacle à une remise lorsque les conditions de détention dans l’État demandeur font courir un risque réel. L’allégation se documente.

  • 06

    Un citoyen de l’Union réclamé par un État tiers n’est pas dans la même situation qu’un ressortissant français visé par une demande d’extradition de droit commun, ni que la personne visée par un mandat d’arrêt européen.

  • 07

    Après une remise, le principe de spécialité et, le cas échéant, l’article 695-21 limitent ce que l’État peut faire ensuite. Le point se pose avant le transfèrement, pas après.

  • 08

    Aucune information saisie dans l’orientation de cette page n’est transmise au cabinet. Seul un échange direct — téléphone, courriel, rendez-vous — ouvre une analyse du dossier.

Façade de verre d’une juridiction européenne, parvis de pierre.

Jurisprudence

Quelques arrêts, pour situer le grief.

Ce sont des repères, pas un avis. Chaque résumé est une lecture courte. Le lien ouvre le texte officiel. L’arrêt ne se transpose pas sans les pièces du dossier.

Luxembourg, Strasbourg ou Paris : le bâtiment ne dit pas quel arrêt s’applique.

Convention et Union

Cour européenne des droits de l’homme · 7 juillet 1989

Soering c. Royaume-Uni

Requête n° 14038/88

Extrader une personne vers un État où elle court un risque réel de traitement contraire à l’article 3 peut violer la Convention. Dans cette affaire, le risque tenait au « couloir de la mort » aux États-Unis.

Lire l’arrêtHUDOC · PDF

Cour européenne des droits de l’homme · 4 septembre 2014

Trabelsi c. Belgique

Requête n° 140/10

La Cour juge que la Belgique a violé l’article 3 en extradant le requérant vers les États-Unis, où il risquait une perpétuité incompressible. Le non-respect de la mesure provisoire constitue une violation distincte de l’article 34. C’est un arrêt belge : il éclaire l’article 3, il ne statue pas sur un décret français.

Lire l’arrêtHUDOC · Texte en français

Cour de justice de l’Union · 5 avril 2016

Lié à la fiche

Aranyosi et Căldăraru

C-404/15 et C-659/15 PPU

S’il existe des éléments objectifs, fiables, précis et actualisés de défaillances systémiques ou généralisées, ou touchant certains groupes ou établissements dans l’État d’émission, l’autorité d’exécution doit demander les conditions concrètes de détention et peut différer la remise. Des rapports généraux ne suffisent pas, à eux seuls, à refuser.

Lire l’arrêtEUR-Lex · Texte officiel

Cour de justice de l’Union · 15 octobre 2019

Lié à la fiche

Dorobantu

C-128/18

L’examen porte sur l’établissement où la personne sera réellement détenue : espace personnel, hygiène, liberté de circulation. L’État d’exécution applique l’article 4 de la Charte, pas un standard national plus élevé.

Lire l’arrêtEUR-Lex · Texte officiel

Cour de justice de l’Union · 6 septembre 2016

Petruhhin

C-182/15

Un État membre n’a pas à accorder à tout citoyen de l’Union la même protection contre l’extradition qu’à ses nationaux. Avant d’extrader vers un État tiers, il informe l’État de nationalité et lui laisse la faculté d’émettre un mandat d’arrêt européen. Il vérifie aussi l’article 19 de la Charte.

Lire l’arrêtEUR-Lex · Texte officiel

Juges français

Cour de cassation, criminelle · 17 juin 2020

Lié à la fiche

Principe de spécialité

Pourvoi n° 19-84.791

Lorsque la spécialité de l’article 695-18 est invoquée contre l’exécution d’une peine visant des faits antérieurs à la remise et autres que ceux qui l’ont justifiée, la juridiction saisie doit statuer sur ce grief. Elle ne peut se déclarer incompétente et en laisser le sort au parquet.

Lire l’arrêtCour de cassation · Texte intégral

Cour de cassation, criminelle · 5 novembre 2024

Lié à la fiche

Réfugié et remise

Pourvoi n° 24-85.705, publié

Sauf défaillance systémique de l’État d’émission, la chambre de l’instruction ne peut subordonner la remise d’une personne réfugiée à l’engagement de ne pas la renvoyer ensuite vers son État d’origine. Elle n’a pas à rechercher cet engagement sur le fondement de l’article 695-33.

Lire l’arrêtCour de cassation · Texte intégral

Conseil d’État · 5 mars 2024

Décret d’extradition

n° 484266

Le décret d’extradition se conteste devant le Conseil d’État, par un recours pour excès de pouvoir. L’obligation de motivation n’impose pas d’y retracer les démarches d’information de l’État de nationalité issues de l’arrêt Petruhhin, précisé par l’arrêt BY (C-398/19).

Lire l’arrêtConseil d’État · Texte intégralBY, C-398/19

Conseil constitutionnel · 9 septembre 2016

Écrou extraditionnel

n° 2016-561/562 QPC

Le magistrat du siège peut laisser la personne en liberté, sans contrôle, si elle présente des garanties suffisantes de représentation. Elle a droit à un avocat au moment du placement, et à connaître les réquisitions du procureur général. La mise en liberté s’impose lorsque la détention extraditionnelle dépasse un délai raisonnable.

Décision conforme à la Constitution, sous trois réserves : liberté possible sans contrôle si la représentation est garantie ; avocat et connaissance des réquisitions au moment du placement ; mise en liberté obligatoire au-delà d’un délai raisonnable.

Lire l’arrêtConseil constitutionnel · PDF

Cour de cassation, criminelle · 2 mai 2024

Mandat d’arrêt du Royaume-Uni

Pourvoi n° 24-82.116

La remise vers le Royaume-Uni est régie par l’accord de commerce et de coopération du 24 décembre 2020. La disproportion de la peine encourue n’est pas un motif de non-exécution. En cas de perpétuité, l’article 604, a, de l’accord permet d’exiger une garantie de réexamen, sur demande ou au plus tard après vingt ans.

La Cour rejette le pourvoi. La disproportion de la peine encourue ne figure pas parmi les motifs de non-exécution. En cas de perpétuité, la remise peut être subordonnée à une garantie de réexamen, sur demande ou au plus tard après vingt ans.

Lire l’arrêtLégifrance · Texte intégral

09 · Vocabulaire

Les mots qui changent la voie.

Chambre de l’instruction
Formation de la cour d’appel qui, en matière de remise et d’extradition, contrôle les conditions légales. Pour le mandat d’arrêt européen elle statue sur l’exécution. Pour l’extradition de droit commun elle rend un avis.
Mandat d’arrêt européen
Décision judiciaire d’un État membre de l’Union demandant l’arrestation et la remise d’une personne pour des poursuites ou pour l’exécution d’une peine.
Extradition
Procédure par laquelle un État remet une personne à un autre État, en dehors du mécanisme du mandat d’arrêt européen. En France, elle associe un avis judiciaire et un décret du Gouvernement.
Remise
Mot réservé, en pratique, au transfèrement exécuté sur le fondement d’un mandat d’arrêt européen, pour le distinguer de l’extradition classique.
Notice rouge
Demande de coopération Interpol visant à localiser une personne et à obtenir son arrestation provisoire en vue d’une extradition ou d’une remise.
Diffusion
Demande adressée directement par un bureau central national Interpol à d’autres pays, sans nécessairement passer par une notice publiée.
SIS
Système d’information Schengen. Base européenne de signalements consultée aux frontières et lors des contrôles. Distincte des fichiers d’Interpol.
Bureau SIRENE
Service national qui échange, avec les autres États Schengen, les informations complémentaires sur les signalements. En France, il ne statue pas sur la remise.
CCF
Commission de contrôle des fichiers d’Interpol, siège à Lyon. Elle traite les demandes d’accès, de rectification et de suppression visant les traitements d’Interpol.
Double incrimination
Exigence que les faits soient également punissables dans l’État qui remet. Le mandat d’arrêt européen dispense de ce contrôle pour une liste d’infractions, au-dessus d’un seuil de peine.
Principe de spécialité
Après la remise, la personne ne peut en principe être poursuivie que pour les faits ayant justifié la remise, sauf exception ou consentement.
Ne bis in idem
Interdiction d’être poursuivi ou puni deux fois pour les mêmes faits. C’est un motif classique de refus de remise, lorsque ses conditions sont réunies.
Article 3 CEDH
Interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants. Depuis l’arrêt Soering, il peut faire obstacle à une extradition ou à une remise en cas de risque réel dans l’État de destination.
Arrestation provisoire
Privé de liberté avant que la demande formelle d’extradition soit arrivée, ou dans l’attente de la décision sur la remise. Ce n’est pas l’exécution de la peine étrangère.
Décret d’extradition
Décision du Premier ministre qui accorde ou refuse l’extradition après l’avis de la chambre de l’instruction. Il n’existe pas dans la procédure de mandat d’arrêt européen.
État d’émission / État d’exécution
Pour un mandat d’arrêt européen : l’État qui délivre le mandat, et celui qui est prié d’arrêter et de remettre. Les rôles ne se confondent pas avec l’État de nationalité.

10 · Questions fréquentes

Réponses générales, pas un avis.

Une notice rouge autorise-t-elle, à elle seule, une détention en France ?

Non. Elle demande aux États membres de localiser la personne et, selon leur droit, de procéder à une arrestation provisoire. En France, la privation de liberté repose sur un titre interne : mandat d’arrêt européen, demande d’extradition, signalement suivi d’une procédure, ou réquisition. La notice se conteste en outre, si les conditions sont réunies, devant la CCF.

Interpol et le SIS sont-ils le même fichier ?

Non. Interpol est une organisation internationale, hors de l’Union européenne, dont les notices sont examinées par la CCF. Le SIS est un système européen, régi par les règlements de 2018, consulté aux frontières et par les services de police des États Schengen. Les deux peuvent viser la même personne. Les démarches d’accès ne sont pas interchangeables.

Qui décide réellement de l’extradition ?

Pour un mandat d’arrêt européen, la chambre de l’instruction statue sur l’exécution. Il n’y a pas de décret. Pour une extradition vers un État tiers, la chambre rend un avis : s’il est défavorable, l’extradition n’a pas lieu ; s’il est favorable, le Premier ministre statue par décret. Le juge administratif peut être saisi de ce décret, dans les conditions du droit public.

Peut-on consentir à être remis ?

Oui, dans la procédure de mandat d’arrêt européen. Le consentement raccourcit les délais prévus par la décision-cadre. Il doit être éclairé : la personne doit savoir quels faits sont couverts et ce qu’elle ne pourra plus discuter devant la chambre. Il ne se décide pas utilement dans un couloir, sans les pièces.

Faire supprimer une notice fait-il tomber le mandat ?

Non. La CCF statue sur le traitement Interpol. Le mandat délivré par un juge, le signalement SIS et une éventuelle décision préfectorale suivent d’autres voies. L’inverse est également vrai : l’annulation d’un mandat national est un argument devant la CCF, pas une suppression automatique le jour même.

Un ressortissant français peut-il être extradé ou remis ?

En droit commun, l’article 696-4 du code de procédure pénale interdit l’extradition d’une personne française à l’époque des faits, sous réserve de la convention applicable. Pour un mandat d’arrêt européen, la nationalité française n’est pas un refus automatique ; l’exécution de la peine en France peut justifier un refus sous conditions. Pour une remise au Royaume-Uni, la France refuse ses nationaux, y compris ceux qui étaient français au moment des faits.

Que faire dans les premières heures si un proche est arrêté ?

Relever le lieu, l’autorité, l’heure et le document qui a été lu. Ne pas multiplier les récits contradictoires auprès de plusieurs interlocuteurs. Distinguer une affaire locale d’une demande française. Prévenir un avocat dans l’État de détention et, si un titre français existe ou est annoncé, le cabinet qui suit ce titre.

11 · Sources

Textes à ouvrir avec le dossier.

12 · Première lecture

Apporter l’acte, pas seulement le récit.

Maître Dilbadi Gasimov accompagne les dossiers dans toute la France, avec des consultations à distance et au cabinet, 67 rue Boecklin à Strasbourg. L’échange commence par le document notifié, l’État concerné et l’heure de la mesure s’il y a privation de liberté.

Lun.–ven. 9 h – 18 h · Français, anglais, russe

Domaines connexes